Remise des Archives V.V.R. au Centre Carrefour

En septembre dernier, notre Association a pu faire don à l’île RODRIGUES de fragments de Mémoire, enregistrés pendant cinq ans, par notre équipe.

Un coffret de CD Audio et DVD a été remis par Nicole Regnard au Centre Carrefour, au cours d’un « pot de l’amitié » organisé avec Christian Raboude, le successeur de notre amie Antoinette.

Au cours de son petit mot, Nicole Regnard a tenu à exprimer l’importance que nous attachions au dépot de ce modeste coffret, (sur support numérique) porteur entre autre, de voix rodriguaises, de grands ancêtres de l’île.

« Puissent ces voix, avec le temps qui passe, devenir un émouvant et précieux témoignage sonore, a souligné Nicole, et le témoin de notre reconnaissance envers RODRIGUES cette chère petite île qui nous offre tant de moments de joie intense.

Merci à vous tous, du fond du coeur, vous amis, présents ou non, cet après midi. »

En remerciements, Christian Raboude a répondu : « permettez moi, au nom de tous, de vous remercier pour votre engagement afin de mieux faire connaître Rodrigues, au travers de votre association – merci pour ce don.

Au travers de ce beau travail, grâce à vous, nous prenons davantage conscience de notre mémoire. Ces archives vont être utilisées comme support pour notre parcours sur l’Histoire du peuple rodriguais. »

Ces fragments de Mémoire, c’est important de le souligner, sont le fruit d’un travail collectif à tous les niveaux.

Ce recueil d’archives fut initialisé par Adeline Soulard, notre première équipière 2003 et suivi de nombreuses autres participations de toutes sortes, artistiques, techniques, etc.

En début de cette année a commencé le tournage d’un film produit par VIVR’RODRIGUES et NEW TEAM VIDEO (Elvinette) film au titre encore provisoire : « Rodrigues dan’stan lontan ».

Le tournage en a été assuré par notre ami réalisateur VIivek Beergunnot, tournage auquel furent associées cinq familles rodriguaises, ayant encore une descendance de 5 générations, et avec lesquelles furent conduites des « conversations« .

Ce film, qui sortira début 2009, sera joint aux autres DVD d’auteurs rodriguais qui seront projetés en Centres Communautaires, en partenariat avec l’Alliance française, antenne Rodrigues, qui en assurera l’animation après projection.

Une production V.V.R : Rodrigues S’Tan Lontan

 

 Tout a commencé dans la période de Noel 2007 période où nous, nous avons enclenché la production  d’un film portant sur la Mémoire de l’île :  » Rodrigues s’tan lontan » (titre provisoire).

Cinq familles issues des diverses strates de la société rodriguaise, furent choisies et sollicitées pour vivre une journée de « conversations » en créole.  Le processus de production de ce film s’est déroulé en deux temps : un temps de « conversations familiales » suivi d’une reconstitution de tout ce qui reste du passé de l’île, au travers de témoins, mais aussi de lieux, et de coutumes, le tout  raconté par des artistes, des artisans, et autres volontaires, qui ont bien voulu participer à un exercice  de Mémoire consistant à « se souvenir à haute voix« .

Les 5 familles choisies devaient être composées de cinq générations, vivant et cohabitant dans un même lieu, mais dans différents points de l’île. Le but de la journée  de conversation était de pouvoir partager des bribes de souvenirs réactivés  sur leur enfance et autres bribes de leur Passé. Ce furent là des moments d’émotions intenses, tant pour l’équipe de tournage conduite par A Debever (.V.V.R.) et Elvinette (New TeamVidéo) que pour le réalisateur Vivek Beergunnot. 

Comment réaliser qu’il nous semble encore proche ce temps où les nouvelles se colportaient par un porte voix, de collines en vallées…C’est ainsi, qu’au cours de ces heures exceptionnelles, furent gravées le Son précieux pour l’avenir, de ces voix, au créole chantant, voix souvent fragilisées par l’âge, voix que l’on retrouvera tout au long du film, et qui conteront à leurs enfants « cent ans de vie à l’île Rodrigues » .

Les rumeurs circulent vite dans l’Océan Indien, portées sur l’aile de quelques « pailles en queue »  C’est ainsi qu’un petit encart dans le numéro d’avril 2008 de la revue mauricienne « Cote du NORD »  annonçait déjà ce film rodriguais, encore en cours de montage au moment de la mise en ligne.  

Au rythme du soufle du vent, du soleil…

 La vie rodriguaise, à l’opposé de celle laissée derrière soit en europe se déroule au rythme du soufle du vent, du soleil  et des saisons. C’est le marché du samedi matin qui va drainer le plus de population vers la seule ville de l’île, tout près de son port. C’est le lieu et le moment de grande convivialité. Un autre grand lieu de rencontre et de partage est la messe du dimanche à l’église principale à Saint Gabriel, tout en haut de l’ile.

L’île qui s’endort dès que tombe la nuit, se réveille dès que pointe l’aube vers 4h30 du matin. De tous les chemins et à travers les prés on voit des rodriguais endimanchés qui se hâtent en groupes compacts vers l’église, ou la petite ville principale.

On s’habitue très vite à cette lenteur qui redonne du temps pour la rêveries et à la contemplation, avec un sentiment apaisant de re apprendre à vivre, et de sentir à nouveau son rythme physiologique profond. Odeurs couleurs, senteurs, bruits étranges des vents qui balayent le ciel, et crée des sons inhabituels qui  mobilisent les sens, et donne un sentiment d’ivresse nouvelle.

Se déplacer mobilise une énergie en soi, Il n’y guère d’autre solution que de marcher d’un point à un autre en improvisant un itinéraire le plus souvent improbable, mais fécond en rencontres de toutes sortes. Cependant on peut toujours faire signe au chauffeur quand un bus surgit au détour de la route, dans un incroyable tintamarre de freins surchauffés….un petit sourire courtois sera bienvenu, en réponse à tous ces regards bienveillants qui vous accueillent, même s’il ne reste pas trois centimètres carré de libre sur les banquettes affaissées.

Les journées semblent courtes. Le temps file très vite à fouiner dans la petite ville, à la découverte de ces antres sombres que sont les échoppes bourrées de trésors qui croulent  jusqu’au trottoir. C’est aussi l’incontournable passage au cyber café de Phanuel, haut lieu de convivialité, où on échange les nouvelles du jour, en attendant une hypothétique ouverture de sa boite mail pour «  hotmail ou yahoo ! » Dès 3 heures et demi le soleil palit et la petite ville ville se vide rapidement. Joyeux spectacle que celui des cars boursouflés de passagers, qui attaquent en rugissant la grande côte, qui conduit au coeur de l’île.